Coop média de Montréal

Journalisme indépendant

More independent news:
Do you want free independent news delivered weekly? sign up now
Can you support independent journalists with $5? donate today!

Dénouer les liens néolibéraux et coloniaux entre le Québec et Israël

by Stefan Christoff

Dénouer les liens néolibéraux et coloniaux entre le Québec et Israël

Les relations politiques et économiques entre le Québec et Israël ont connu des développements majeurs au cours de la dernière décennie. Ce processus a été facilité par le Parti libéral du Québec (PLQ), avec la complicité ouverte du Parti québécois (PQ), sur la base de liens coloniaux et néolibéraux articulés clairement par la hausse de collaborations d’affaires et de connexions entre sociétés de l’industrie d’armements.

L’ancien ministre libéral des Finances Raymond Bachand avait dirigé en 2008 en Israël, une importante délégation politiquecomposée, selon certains rapports, d’une quarantaine de représentants des secteurs privé et universitaire ainsi que du Fonds de solidarité de la FTQ. La mission Bachand mit la dernière touche à un accord bilatéral formel centré sur l’économie et la technologie, en parallèle à l’Accord bilatéral de libre-échange Canada-Israël conclu en 1997, et que les Conservateurs viennent de renforcer davantage.

À la signature de l’Accord québécois le plus récent, Bachand a déclaré qu’ « en signant cet accord complémentaire, le Québec réaffirme son attachement à Israël et son désir d’une collaboration encore plus étroite à l’avenir ».

Très symboliquement, l’entente a été signée à Jérusalem, une ville clairement considérée « territoire contesté » dans toutes les négociations politiques majeures autour de la question Israël/Palestine, un trait que l’ONU a réaffirmé à maintes reprises. La décision de Bachand de signer l’accord à Jérusalem trahissait une complicité directe du Québec avec les constantes manœuvres coloniales d’Israël pour affirmer son contrôle sur la cité historique comme centre de son pouvoir politique – tout en oeuvrant pour éradiquer l’identité palestinienne de Jérusalem.

Bachand a en outre co-signé l’Accord bilatéral avec Eliyahu Yishal, ancien ministre israélien de l’Industrie et fervent partisan de la poursuite de la construction de colonies sur les terres palestiniennes, en violation du droit international et des résolutions de l’ONU.

« Je m’engage à mettre mon ministère, toutes les ressources dont il dispose, et toute son influence sur les autorités locales, au service de l’expansion des colonies »avait déclaré Yishal au temps où il était ministre de l’Industrie d’Israël. La colonisation permanente des terres palestiniennes de la Cisjordanie par Israël est sans contesteillégale au regard du droit international, et même en vertu de la politique officielle du Canada, un facteur clé que le gouvernement conservateur à Ottawa a contourné de manière systématique. La signature de cet accord par le Québec avec un ministre ouvertement partisan des colonies de peuplement, et cela à Jérusalem, reflète clairement la nature pro-Apartheid israélien de l’accord Québec-Israël.

À la tête de cette même délégation en 2008, Bachand a aussi visité l’Institut de technologie Technion à Haïfa, mettant ainsi en lumière les liens académiques entre des institutions du Québec et Technion, qu’une enquête du Collectif Tadamon décrit comme « un instrument des politiques et des pratiques d’Apartheid d’Israël ».

Le rapport de Tadamon examine « la façon dont cette université sert d’important outil dans le déni de justice et de liberté à tou(te)s les Palestinien(ne)s ». Il estime : « À titre d’université de science/technologie lourdement impliquée dans la recherche et la technologie des armements, Technion est un acteur clé du Complexe militaro-industriel d’Israël. Par le biais de programmes de recherche avec des sociétés israéliennes d’armements comme Elbit et Rafael, et de programmes avec l’armée israélienne, Technion participe à la création et au développement de technologies financées par les profiteurs d’armements et l’Establishment militaire israéliens. La technologie/recherche sur les armements qui est développée à Technion a été utilisée par l’État et l’armée d’Israël sous des formes diverses ».

Au-delà de la recherche académique, des fabricants d’armes de Montréal ou des firmes de « technologie de défense » illustrent avec encore plus d’impact l’aspect perturbant du rôle considérable de l’industrie québécoise dans le soutien à cette machine militaire israélienne qui a bombardé Gaza et tué plus de 2200 Palestiniens ces derniers mois.

La société CAE, à Montréal, spécialisée dans les simulateurs de vol et les « systèmes d’opération en temps réél », a obtenu de nombreux contrats reliés au secteur militaire d’Israël, dont un projet avec la firme d’armements Elbit Systems pour former le personnel militaire israélien à opérer « les avions de combat de la prochaine génération ». Un autre projet de la CAE est centré sur le système d’opération des hélicoptères Black Hawk à usages multiples de l’aviation israélienne, et le travail industriel se poursuit en plein cœur du Québec, les sinistres édifices du fabricant d’armes étant bien visibles depuis l’Autorute de Chomedey à Montréal.

Par ailleurs, les moteurs de l’hélicoptère Cobra de Bell, surnommée « Viper » sur le site Web de l’aviation d’Israël, sont produits dans la région de Montréal par la firme Pratt & Whitney Canada. Les forces armées israéliennes utilisent en outre des hélicoptères produits à Mirabel, Québec, par Bell Helicopter Textron Canada, une compagnie qui a fait partie d’une récente délégation du gouvernement conservateur en visite en Israël.

Dans le contexte du bombardement et de l’agression militaire d’Israël contre Gaza cet été, que la plupart des organisations de droits humains considèrent comme ayant comporté des crimes de guerre multiples, il est crucial que les forces progressistes du Québec examinent notre propre complicité dans les crimes de guerre d’Israël, et passent à l’action.

Alors même que des politiciens concluaient des marchés entre Québec et Israël, un mouvement de solidarité de base avec la lutte de libération des Palestiniens s’est amplifié dans les rues du Québec.

L’appui au Mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) est considérable au Québec et il prend de l’ampleur au sein des mouvements de justice sociale. Répondant à l’appel palestinien de 2005 de construire un mouvement BDS calqué sur le mouvement de solidarité internationale avec la résistance de l’Afrique du Sud à l’Apartheid, des organisations d’étudiants comme l’ASSÉ (Association pour une solidarité syndicale étudiante) et de travailleurs syndiqués comme la CSN(Confédération des syndicats nationaux) de la région de Montréal, ont voté leur soutien à la campagne BDS. À Montréal, il y a peu, récemment, quelque 500 artistes ont signé une lettre ouverte d’appui au Mouvement BDS global.

À mesure que le Mouvement BDS s’amplifie au Québec, trouvons des façons de centrer encore plus d’énergie politique de base nous devrons concentrer nos efforts contre les complicités cruciales du Québec avec les systèmes de l’Apartheid israélien. Nul doute que la complicité du Québec avec l’Apartheid d’Israël est enracinée dans notre propre passé de colonialisme violent fondateur du cadre politique, social et économique contemporain à la fois du Canada et du Québec.

La complicité de l’industrie privée du Québec avec le colonialisme armé d’Israël est aujourd’hui claire. De nombreuses compagnies sont ouvertement et directement engagées à alimenter la machine de guerre d’Israël. Parallèlement, les liens académiques avec des institutions comme Technion soulignent le rôle capital de tels liens dans la normalisation des systèmes d’Apartheid, et dans la mise au point de technologies qui renforcent la violente machine militaire d’israël. L’actuel Premier ministre libéral Philippe Couillard, animé par l’idéologie néolibérale, ne montre aucun signe de vouloir éloigner le Québec de cette coopération profonde avec l’Apartheid israélien.

Stefan Christoff est un écrivain, activiste communautaire et musicien basé à Montréal. Stefan est @spirodon / traduction par Jooneed Khan retrouvez cet article (et bien d’autres!) dans le numéro d’octobre du journal Le Couac.

 
http://www.mediacoop.ca/sites/mediacoop.ca/themes/mcbase/images/fullspri...); background-position: 0px -814px; background-repeat: no-repeat;">ADD A COMMENT
 

Socialize:
Want more grassroots coverage?
Join the Media Co-op today.
Topics: Solidarity

Creative Commons license icon Creative Commons license icon

About the poster

Trusted by 1 other users.
Has posted 71 times.
View Stefan Christoff's profile »

Recent Posts:

picture of Stefan Christoff

Stefan Christoff (Stefan Christoff)
Montreal, Quebec
Member since April 2010

About:

Stefan Christoff is a Montreal-based journalist, community organizer and musician.

1319 words

Join the media co-op today
Things the Media Co-op does: Support
Things the Media Co-op does: Report
Things the Media Co-op does: Network
Things the Media Co-op does: Educate
Things the Media Co-op does: Discover
Things the Media Co-op does: Cooperate
Things the Media Co-op does: Build
Things the Media Co-op does: Amplify

User login


Google+
Subscribe to the Dominion $25/year

The Media Co-op's flagship publication features in-depth reporting, original art, and the best grassroots news from across Canada and beyond. Sign up now!