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Des ponts entre la Colombie et la Palestine

récit de luttes

by Dana Farraj

Des ponts entre la Colombie et la Palestine

Au cœur d'une discussion sur la réalité des camps de réfugiés palestiniens, du camp d’Al-Deheisheh à Bethléem au camp d’Al-Jalazoun à Ramallah, en présence d'un ami colombien venu pour visiter la Palestine, il ne pouvait pas s'empêcher de comparer les camps palestiniens et certaines zones pauvres de la Colombie. Interrogé sur sa vision sur les camps il répondit : "Je n’ai pas été choqué par cette réalité, cela m’a même rappelé de nombreuses scènes de mon enfance dans mon pays, la Colombie". En ce moment, mon cousin, qui a été en Colombie pour quelques mois, a commencé à expliquer la situation de quelques quartiers dans lesquels il s’est rendu … Tout d’un coup ma grand-mère, réfugiée de la ville de Al-Lod au camp de réfugiés d’Al-Jalazoun, a demandé à mon cousin: "De quel camp de réfugié parles-tu chéri?"

Entre la question de ma grand-mère et la réponse de mon ami il y a des décennies d’écart, mais les deux résument des histoires, des souffrances, des luttes et d'innombrables sacrifices.

La Colombie, l'un des Etats du nord-ouest de l'Amérique du Sud, devient indépendante en 1819 suite aux efforts de Simón Bolívar pour l'indépendance des pays de l'Amérique du Sud sous l’occupation espagnole et portugaise. Il poursuit sa lutte dans la quête de l’unification des nouveaux pays indépendants. C’est ainsi que s’est formé la grande Colombie, regroupant les États qui sont connus comme Colombie, Équateur, Venezuela et Panamá. L'Équateur et le Venezuela se séparaient directement et formaient deux États indépendants suite au décès de Simon Bolívar, le Panama a pris quelques décennies pour déclarer son indépendance au début du 20ème siècle avec le soutien des États-Unis.

Cela évoque dans mes pensées la Grande Syrie qui, avant 1916, était formée par la Palestine, le Liban, la Syrie et la Jordanie. En concluant l’accord du britannique Sykes et du français Picot, les frontières furent dessinées dans leur forme actuelle. Cependant, pour être précis, il ne s’agit pas des frontières que nous connaissons à ce jour, mais des contours existant avant l’intervention de l’entité sioniste en 1948.

Il n'est pas étonnant que les colonisateurs et les impérialistes recherchent constamment la division des peuples, la déstabilisation, tous moyens confondus, sert à la protection de leurs intérêts qui se traduit dans un contrôle accru permettant une exploitation plus aisé de la richesse.

La Colombie est un pays riche en pétrole, or, charbon, un des pays avec le plus de biodiversité dans le monde, le seul en Amérique du Sud à avoir accès sur l’océan Pacifique et l’océan Atlantique, le lien entre l’Amérique du Sud et l’Amérique Centrale. De ce fait, depuis l'histoire ancienne et jusqu'à ce jour, ce pays n’a pas cessé d'être un trésor attirant pour les pays coloniaux. Suite à l’indépendance, le pays devient une source de richesses presque illimitées pour les élites nationales qui, avec la complicité des puissances étrangères, se sont enrichies par des méthodes telles que la mise en place d’une politique de transfert de terres des petits agriculteurs aux grands propriétaires. Ainsi, par ce mécanisme pervers, le petit paysan devint un simple travailleur pour le profit de son voleur. La propriété privée a toujours été le premier moyen de domination.

Cela n’est pas substantiellement différent de la politique du Fond National Juif qui, avant la création de l’entité sioniste, agît dans la manipulation des petits agriculteurs palestiniens par l’achat de terres pour la construction de colonies. Plus tard, après le Nakba en 1948, suite au ‘nettoyage ethnique’ des réfugiés palestiniens à l'extérieur du pays, comme l’a nommé le professeur Ilan Pappé, des lois sur l'acquisition de terres ont commencé à émerger, parmi ces lois, il faut souligner la loi de la propriété des absentsi. Cette loi vise les propriétés des palestiniens autochtones qui avaient été forcés de quitter leurs biens en permettant le transfert de possession de terres au nouvel Etat, c’est-à-dire, à l'entité sioniste.

Des ressemblances dans l'histoire

Le 9 avril 1948, le conflit armé interne en Colombie prend un nouveau tournant provoqué par l'assassinat du chef du parti libéral et candidat à la présidence « Jorge Eliecer Gaitán »ii. La même journée eut lieu le massacre de Deir Yassin par les groupes paramilitaires sionistes d'Argoun et de Stern, entraînant l’assassinat de plus de 300 Palestiniens du village.

Il convient de noter que dans la même année, la Déclaration Universelle des Droits de l’Hommeiii a été adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies à Paris, ce n’est peut-être qu’une coïncidence, mais c’est une coïncidence qui ne peut pas être négligée.

Un an plus tôt, en 1947, les Nations Unies publiaient la Résolution «181»iv qui prévoyait la fin du mandat britannique sur la Palestine, ainsi avait lieu la partition de la Palestine en deux États: un État arabe avec une surface de 46% de la Palestine historique, et un autre État, l’Hébreu, sur 54% de la Palestine historique. La ville de Jérusalem restait sous tutelle internationale. Cette décision légitimait l'entité sioniste au nom des Nations Unies.

Sur la nature du conflit en Colombie et en Palestine

Le conflit colombien trouve ses racines dans la confrontation entre les libéraux et les conservateurs, mais, par la suite, la situation prend un autre caractère dans le sens d’une lutte des classes. Depuis 1948, seuls les partis de droite et d'extrême droite dominent la Colombie, par conséquent plusieurs groupes révolutionnaires armés sont apparus au début des années soixante. Le plus grand d’entre eux étant les Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie (FARC), d’orientation marxiste-léniniste, créée par des agriculteurs pour défendre leurs terres à partir de 1964, et inspirée par la révolution cubaine menée par Fidel Castro en 1959 jusqu’à la signature des accords de paix en 2016.

En ce qui concerne la Palestine, il n’y a aucun doute qu'il y a une lutte de classes comme dans toutes les sociétés du monde, mais la base du conflit arabo-sioniste est un conflit national existentiel, un conflit d’identité et de terre, c’est un conflit exceptionnel dans le sens de son histoire et les Etats impliqués. La déclaration britannique de Balfour en 1917 qui a considéré la Palestine comme « une terre sans peuple pour un peuple sans terre », fait état de cette exceptionnalité. En définitive, il ne s’agit uniquement d’une occupation d’un Etat par un autre, il est question dans ce cas de la création d’un Etat en détruisant un peuple entier.

Palestine et Colombie en droit international

D’un point de vue international, et en particulier du point de vue du droit international humanitaire, le conflit colombien est considéré par certains comme un conflit armé internev, tandis que d’autres affirment qu’il ne s’agit que de tensions internes. Cette situation prolongée dès 1948 a fait plus de 7 millions de victimes pardes expulsions forcées, des arrestations, des assassinats et le pillage de terres. Il convient de souligner que la plus grande partie des personnes touchées sont les personnes déplacées.

Quant à la Palestine, selon le droit international, le conflit est classé comme une occupation mise en place par l’Israël sur les territoires palestiniens occupés en 1967. Cette situation relève donc du conflit armé international. Or, cette occupation va vient au-delà des contours dessinés en 1967 car il s’agit bien d’une occupation qui a lieu dans tous les territoires palestiniens historiques occupés depuis 1948, dit autrement, toute la Palestine est sous occupation. Par conséquent l'entité sioniste est dépourvue de toute légitimité, et de toute légalité au regard du droit international. Une coexistence est impossible tant que la dissolution de l’entité coloniale sioniste n’ait lieu.

L’intervention des Etats Unis au conflit colombien

Le conflit en Colombie n’est pas resté un conflit interne, les bénéficiaires de cette situation sont nombreux. À ce titre, les interventions directes ou indirectes des États-Unis ne se sont jamais arrêtées. Parlons donc de ce qu’apparaît le plus évident ; les interventions américaines sous le slogan de l'aide humanitaire introduites par le plan Colombie signé en 2000. Le plan comprend quatre objectifs déclarés: le retrait des armes des groupes armés communistes, la fin du trafic de drogue, le retrait des armes des groupes paramilitaires (paradoxalement soutenus par les États-Unis et par le gouvernement colombien) et la reconstruction du pays.

La réalité derrière le plan Colombie

Ce plan est le véhicule pour la mise en place des politiques néolibérales qui se manifestent par la prolifération des entreprises transfrontalières et la privatisation des services publics, notamment dans le domaine des entreprises extractives. Le problème à cet égard ne réside pas seulement dans le principe d’extraction des minéraux et du pétrole, mais aussi dans la force et la violence utilisées quand les intérêts de ces entreprises s’opposent aux intérêts du peuple. Ainsi, les paysans et les populations autochtones sont les premiers collectifs à être touchés par ces politiques et sont donc constamment menacés de meurtre et d'expulsion.

D'autre part, ce plan vise à éliminer la présence communiste en Colombie. C’est la suite de la politique des États-Unis depuis la guerre froide entre le bloc capitaliste et le bloc socialiste dans tous les pays d'Amérique latine. Or, le fait que la Colombie ait été le seul pays d’Amérique latine à soutenir l’invasion de l’Iraq par les États-Unis en 2003 rend explicite l’ampleur de la relation de dépendance établi entre le gouvernement colombien et les États-Unis.

L’économie palestinienne et les plans de développement post-Oslo

Avec l’effondrement du bloc socialiste dans le monde, nous assistons aux tentatives permanentes des États-Unis d’asseoir son hégémonie au niveau global, en particulier dans les pays qui étaient colonisés et dominés par les pays coloniaux et impérialistes au cours de l’histoire, surtout en imposant des politiques néolibérales aux États.

La question palestinienne n’est pas exclue de cette équation, les tentatives pourmettre fin à la cause palestinienne n’ont pas cessé depuis plus de 100 ans, et un de ses achèvements se manifeste par l'accord d'Oslo qui a établi l'autorité palestinienne. Certes, il ne s’agit pas ici de parler spécifiquement de l'accord d'Oslo, mais les résultats de cet accord sont toujours d’un grand impact dans la société palestinienne. Des politiques de construction de l'État et des institutions, jusqu'à la division des territoires palestiniens restants après l'occupation de 1967. Tout en passant par l’expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie, les territoires contrôlés par l’autorité palestinienne de la Palestine historique ont été réduits à 15%. Il faut souligner, cependant, que même dans les territoires censés être sous le contrôle de l’autorité palestinienne, les forces armées de l’entité sioniste, en se servant de la coopération sécuritaire établie avec l’autorité palestinienne, peuvent entrer et exercer la force à tout moment. Un exemple de la complicité avec laquelle l’occupant agit sur territoire censé être contrôle par l’autorité palestinienne est l’assassinat du jeune militant Bassel Al-Araj en mars 2017.

Le projet de développement économiquevi mis en place avec la création de l’autorité palestinienne, et plus précisément avec l’arrivée du Premier ministre Salam Fayyad, ne peut être qualifié que de projet économique néolibérale. Cela peut être constaté par la lecture de la loi fondamentale palestinienne modifiée de 2005 qui, selon l'article 21, stipule que: "Le système économique de l'État de Palestine repose sur un système d'économie de libre marché…". Il s’agit, cependant, d’un système qui n'est pas compatible avec la situation palestiniennevii. Il ne sert que la classe de l'élite politique et du capital économique et il est loin des classes populaires et du concept de justice sociale. Logiquement, il est impossible de parler d'une économie palestinienne libre et indépendante tant qu'elle dépend de l'économie sioniste. Cette dépendance économique est assurée par le Protocole de Paris qui est signé dans le cadre de l’accord d’Oslo en 1994, entre l’Organisation de Libération de la Palestine ‘l’OLP’ à l’époque et l’entité sioniste.

Il faut souligner que l’économie palestinienne avant la catastrophe de l’année 1948, était une économie agricole productive. Pendant la période antérieure à l’année 1967, l’agriculture représentait 69% des activités économiques. Ainsi, le système économique actuel s’éloigne des bases productives traditionnelles de l’État et tend vers une économie dont le seul horizon est d’encourager la culture de la consommation.

Les relations du gouvernement colombien avec l'entité sionisteviii

Depuis la reconnaissance de l'entité sioniste par le gouvernement colombien dans les années 1950, les relations colombiennes-sionistes s'articulent autour de trois aspects: militaire, politique et commercial. Sur le volet militaire il ne s’agit seulement de la vente d'armes du côté sioniste à la partie colombienne, mais aussi de l’implication des services d’intelligence sioniste dans les opérations de l’armée colombienne. L’incident impliquant le colonel sioniste "Klein"ix dans l’assassinat du candidat présidentiel du parti libéral "Galán" en 1989 témoigne de la nature de ces relations. Il faut ajouter à cela l’entraînement militaire et l’importation de grandes quantités d’armes et de matériel militaire dont le principal bénéficiaire est les forces armées de l’État colombien, mais qui ont également été d’utilité pour des groupes paramilitaires.

Depuis septembre 2001, les relations sionistes-colombiennes sont couvertes par la lutte mondiale contre le terrorisme. En Colombie les FARC ont été classées comme organisation terroriste, tandis qu’en Palestine il a été de même pour certains partis avec des ailes militaires. Ainsi, le gouvernement colombien et l’entité sioniste ont participé aux mécanismes et aux plans militaires sous le slogan de la lutte contre le terrorisme. Dans l'ensemble, l'entité sioniste a été le père de cette relation dont le summum fut achevé pendant la période présidentielle du candidat d'extrême droite Alvaro Uribe Velez entre 2002 et 2010.

Le futur

En juin de cette année est annoncé le résultat de l'élection présidentielle colombienne qui se tenait au deuxième tour entre le candidat d'extrême droite et l'héritier de l’ex-président "Uribe", Iván Duque, et le candidat de gauche, ancien membre du groupe armé révolutionnaire M-19, Gustavo Petro. Le résultat final rendait la victoire par 54% des voix au candidat de droite, 42% pour "Petro". Alors que le programme du nouveau président parle de reformuler l'accord de paix signé entre les FARC et le gouvernement de "Santos", la question se pose de l'avenir et de ce que le nouveau président va apporter à un pays qui n'a jamais été en paix.

En ce qui concerne la Palestine, l’accord d’Oslo a été clairement un échec. Or, la dissolution de la cause palestinienne est loin d’avoir eu lieu, car la peuple palestinienne garde toujours une impulsion permanente vers la libération. Néanmoins, les Etats-Unis en accord avec l’entité sioniste arrivent à nouveau avec un nouveau projet, y compris l’accord de leurs alliés des régimes arabes réactionnaires dont les saoudiens, les jordaniens et les égyptiens, le Deal du Siècle. C’est un accord qui, énonçant la résolution du conflit, vise uniquement à mettre fin à la question palestinienne, ne parlant pas ni du droit au retour, ni de mettre fin à la colonisation, et rend l’idée d’un Etat palestinien indépendant sur même un pouce de terre de la Palestine inimaginable. Quoi qu’il en soit des artifices diplomatiques et des accords artificiels le peuple palestinien unifié n’accepte pas cet accord, et la résistance ne s’arrête jamais.

En conclusion, on peut bien observer le rôle symétrique joué par les États-Unis en Colombie par le pillage de ses richesses en le rendant un État dépendant, et en ciblant toute tentative de résistance à l’impérialisme.

En parallèle, pour la Palestine l’administration américaine se tache d’éliminer toute tentative de résistance à l’entité sioniste, « chien de garde » des États-Unis et ses partenaires dans la zone. D’autre part, l’intrusion économique et culturelle essaie de créer un environnement de défaitisme et une culture consumériste qui envahit certaines couches de la population et dont l’objectif est de diminuer la résistance.

Cependant, l’étincelle de l’espoir n’est jamais éteinte. Les mouvements sociaux colombiens et palestiniens, tissent depuis de nombreuses années des liens, basés sur une compréhension commune de la guerre qui leurs est faite.

Des campagnes communes contre la militarisation sont menées, notamment dans le cadre de la campagne internationale de Boycott, désinvestissement et sanction à Israël. En effet, les peuples des deux pays voient les mêmes arsenales militaires tester contre eux ce qui le rend plus attrayant sur les marchés mondiaux. Des exemples emblématiques comme celui du chef paramilitaire Carlos Castaño qui dans son autobiographie relate sa formation en Israël, où il apprit l’art de la guerre régulière et irrégulière et où se procurer des armes sur les marchés mondiaux, à l’utilisation quotidienne d’arme israéliennes dans la guerre en Colombie.

Des organisations se sont également opposées à la signature d’un accord de libre-échange entre la Colombie et Israël, notamment pour ses conséquences sur la paysannerie tant en Colombie qu’en Palestine. Des organisations paysannes des deux pays travaillent ensemble au sein de la Via Campesina.

 

Cette relation entre les luttes de la Colombie et de la Palestine à d’autres racines plus anciennes encore. Le révolutionnaire Antoine Jamil Daoud nous rappelle d’un autre type de relation. Antoine était né à Bogotá, la capitale de la Colombie, en 1909, d'origine palestinienne de la ville de Bethléem, il fut le responsable du bombardement du bâtiment de l'Agence juive associé au mouvement sioniste en 1947 à Jérusalem. Son rapport à la Palestine n’était pas terminé, il planifiait une vaste opération en août 1969, mais il mourut quelques jours avant l’exécution.

L’histoire de ce révolutionnaire colombien est un exemple des relations entre la Palestine et la Colombie qui prouve qu’uniquement la résistance peut unifier les peuples sous une même bannière. Pour les causes justes, les révolutionnaires se bousculent partout dans le monde.

ii La biographie de « Jorge Eliecer Gaitán »  en espagnol.

https://www.buscabiografias.com/biografia/verDetalle/8430/Jorge%20Eliecer%20Gaitan

iii La Déclaration Internationale de Droit de l’Homme.

http://www.un.org/ar/universal-declaration-human-rights/index.html

v Le conflit armé interne colombien, avocats sans frontières/ Canada.

https://www.asfcanada.ca/uploads/publications/uploaded_processus-de-paix-fr-fiche-2-pdf-102.pdf

viii Colombia e Israel bajo la administración Uribe: compañeros en la guerra global contra el terrorismo/ José Luis Bernal.

https://revistas.uniandes.edu.co/doi/full/10.7440/colombiaint84.2015.03#_i1

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