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Le Plan Nord de Jean Charest: une entreprise colonialiste

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Le Plan Nord de Jean Charest: une entreprise colonialiste

Partisan No4Le 27 mai 2011

 

Le 9 mai dernier, le premier ministre québécois Jean Charest dévoilait pour une deuxième, voire une troisième fois son fameux «Plan Nord», qui vise à occuper, développer et exploiter cet immense territoire situé au nord du 49e parallèle – on parle ici de 1,2 million de kilomètres carrés – qui représente plus de 70% de la superficie du Québec.

Coordonné par une nouvelle société d’État mise sur pied à cette fin, le plan Charest prévoit des investissements publics et privés de l’ordre de 80 milliards de dollars, sur un horizon de 25 ans. Cela inclut quelque 11 projets miniers qui sont en fait déjà en cours, comme celui du géant ArcelorMittal, qui a annoncé il y a quelques jours une forte augmentation de la capacité de production de sa mine de fer de Fermont, sur la Côte-Nord. Le plan prévoit aussi le développement de nouveaux projets énergétiques (hydroélectricité, éoliennes et hydroliennes), qui ajouteront plus de 3 500 mégawatts à la capacité de production d’Hydro-Québec.

Selon Martin Lukacs du collectif Solidarité Lac Barrière, le Plan Nord produira certainement des effets négatifs sur l’état de santé des populations autochtones. Déjà, au moins une communauté autochtone sur six est en état d’alerte à travers le pays. Martin Lukacs s’appuie sur des études qui ont démontré que les communautés ayant vu leurs capacités de chasse et de pêche réduites ont éprouvé une augmentation de leur taux de suicide et une détérioration marquée de leur état de santé.

Des quelque 18 000 sites contaminés recensés par le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada, environ 5 000 se trouvent sur des territoires autochtones. Plus généralement, selon Statistique Canada, l’espérance de vie des Autochtones est d’environ sept ans plus faible que la moyenne canadienne; il est de notoriété publique que les communautés autochtones qui vivent près des projets miniers connaissent des taux de prévalence record des maladies comme le cancer.

De la somme de 2,1 milliards de dollars que le gouvernement québécois compte investir au cours des cinq prochaines années, un maigre 382 millions $ servira à mettre en place des mesures dites «sociales». Et encore, cela inclut les sommes qui seront consacrées à la formation de la main-d’œuvre dont les capitalistes auront besoin. Pour les populations qui habitent sur le territoire couvert par le Plan Nord et qui sont majoritairement autochtones et inuits, la seule mesure concrète à avoir été annoncée est la construction de 840 logements au Nunavik et la rénovation de 482 autres. Encore là, ces logements ne seront pas nécessairement destinés aux habitantes et habitants actuelLEs.

Le site Web du gouvernement précise en effet que cet effort visera à «développer la capacité d’accueil et d’hébergement» des territoires concernés. Dans un rapport du ministère de la Santé préparé à l’intention des négociateurs du Plan Nord – que le gouvernement Charest n’a pas rendu public, mais dont le quotidien La Presse a obtenu une copie – on rappelait qu’alors qu’au Québec, environ 8% des logements ont besoin de réparations majeures, pas moins de 36% des habitations au Nunavik et 31% des maisons cries nécessitent des travaux importants. Mais les logements neufs ou rénovés iront d’abord aux patrons, puis aux contremaîtres et s’il en reste, aux travailleurs et travailleuses venuEs du Sud.

Si elle n’a pas suscité autant d’enthousiasme que le gouvernement Charest l’eût souhaité, la «ré-annonce» de son Plan Nord n’a quand même fait l’objet que de peu de réactions négatives. Par la bouche de la chef péquiste Pauline Marois, l’opposition officielle s’est dit d’accord avec les grandes lignes du projet, promettant même de le poursuivre si jamais le PQ était porté au pouvoir lors de la prochaine élection provinciale. Le gros de la critique a porté sur le montant des redevances que le gouvernement compte exiger des compagnies minières et aux avantages fiscaux qui leur seront consentis, qui pourraient en fin de compte neutraliser les premières.

Certains y ont vu un modèle de développement du passé à saveur coloniale, où le territoire québécois serait livré sur un plateau d’argent à des investisseurs étrangers, parmi lesquels on a entre autres évoqué certaines entreprises chinoises et indiennes, dont le groupe Tata. Mais le véritable colonialisme, dans cette affaire, c’est celui qu’on impose aux Premières nations qui vivent sur ce territoire et à qui l’on propose tout juste quelques «retombées» favorables (des miettes!), en échange d’une renonciation à leurs revendications traditionnelles.

Question d’entretenir l’illusion du «respect» des communautés autochtones, le gouvernement s’est assuré la collaboration du Grand Conseil des Cris et de certains chefs de bande innus et naskapis nommés en vertu de la Loi sur les Indiens, à qui l’on permettra de gérer et de redistribuer – si tant est qu’ils le font – une partie des miettes que le Plan Nord aura permis de saupoudrer. Cette grande opération typiquement colonialiste exclura quelque reconnaissance de ce qui pourrait ressembler à un droit à l’autodétermination pour les Premières nations.

De fait, la réalisation du Plan Nord viendra consacrer le vol historique et l’occupation de leurs territoires, qui sont à la source de tous les maux qu’elles n’ont cessé de rencontrer depuis l’arrivée des premiers colons. Le Plan Nord, ce n’est rien d’autre qu’un projet taillé sur mesure pour la bourgeoisie impérialiste québécoise et canadienne.

Si la volonté de la bourgeoisie d’exploiter les territoires situés au nord de la province apparaît évidente du point de vue économique, elle relève aussi d’un objectif politique important quant au contrôle du territoire. Le 9 mai dernier, Jean Charest a répété ce qu’il avait déjà dit en septembre 2008, lorsqu’il avait pointé le doigt vers l’immense carte géographique affichée derrière lui: «Ce territoire, deux fois grand comme la France, c’est chez nous, c’est au Québec!»

En disant cela, le premier ministre ne pensait pas seulement aux ressources qu’il recèle et aux profits juteux que leur exploitation génèrera pour le grand capital québécois; il évoquait aussi l’enjeu que représente son occupation effective, spécialement dans le contexte des changements climatiques et de l’ouverture désormais acquise du passage du Nord-Ouest. Là-dessus, la position du gouvernement Charest est similaire à celle du gouvernement fédéral qui multiplie, depuis quelques années, les gestes symboliques visant à affirmer la souveraineté du Canada sur les territoires arctiques.

Depuis une bonne quinzaine d’années, on a en effet vu se développer ce que l’on peut qualifier de «phase ultime» de la colonisation du territoire par le partenariat impérialiste Canada-Québec, qui se traduit par l’affirmation de la souveraineté du Canada (et des provinces) par opposition au droit à l’autodétermination des nations autochtones. De ce phénomène, seul le grand capital sortira gagnant. Les premiers perdants seront bien sûr les peuples autochtones, mais ce sera le cas aussi de la majorité des Canadiennes et Canadiens, qui paieront le prix de la destruction de l’environnement causée par les projets miniers du Plan Nord.

 


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Comments

Plan Nord

 

Bonjour,
 
Vous êtes cordialement invité à visiter mon blog.
       
Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com), présente le développement mathématique de la conscience humaine.
 
La Page No-19: PLAN NORD
 
QUEL EST L'AVENIR DU PLAN NORD DE CHAREST ?
 
 
Cordialement
 
Clovis Simard
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