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Atelier 1: La violence sexuelle et le consentement (partie 1 de 2)

Journée de réflexion sur la violence sexuelle (dans les milieux de mobilisation)

by Média Recherche Action

Atelier 1: La violence sexuelle et le consentement (partie 1 de 2)

Une journée de réflexion sur la violence sexuelle dans les milieux de mobilisation a eu lieu le 8 décembre 2012 dans le but d'organiser une discussion collective plus large.

Il s'agit de la première partie de l'atelier 1: La violence sexuelle et le consentement.

Pour lire l'exemple utilisé du "viol de M. Smith" basé sur plusieurs mythes reliés aux agressions sexuelles, vous trouverez la traduction au bas de la page. Pour écouter la suite de l'enregistrement du premier atelier, cliquer ici.

Pour lire le rapport complet de la journée, cliquer ici.

 

Pour écouter les enregistrements:

Atelier 2: Les différents aspects légaux des agressions sexuelles: partie un, partie deux;

Atelier 3: Alliances et solidarité en cas de violence sexuelle dans son milieu de mobilisation;

Atelier 4: Caucus non-mixte sur les moyens à utiliser maintenant

*     *     *

Rapport de la journée de réflexion sur les violences sexuelles

Introduction à la journée :

La journée de réflexion sur la violence sexuelle était l'initiative de femmes militantes de plusieurs milieux en réponse aux événements survenus dans les derniers mois. En effet, les derniers mois ont démontré qu'un nombre considérable (et toujours trop élevé) d'agressions sexuelles s'est produit. Celles-ci ont en majorité été commises durant la grève étudiante de 2012. Bien qu'une bonne partie se soit déroulée dans le milieu étudiant, plusieurs autres cas ont été rapportés dans d'autres milieux progressifs n'étant pas liés directement avec le milieu étudiant.

Nous avons décidé de faire une journée de réflexion large, accessible à touTEs peu importe le milieu de militantisme. Cette décision provient du constat que dans les groupes de militantEs – que ce soit en groupe restreint (affinitaire) autant que dans les milieux syndicaux, étudiants ou communautaires – nos liens de proximités sont très forts ce qui rend malheureusement plus probable les violences sexuelles. De plus, les affinités et les idéologies partagées ainsi que le nombre de temps passé ensemble à mobiliser, militer ou créer favorise les rapprochements physiques et psychologiques.

La journée a été montée de manière à ce que les 4 ateliers se suivent et s'entrecoupent. Elles sont toutes liées d'une quelconque manière et rien n'a été laissé au hasard. Ainsi le premier atelier consistait à définir collectivement ce qu'est la violence sexuelle, le consentement ainsi qu'à détruire les mythes entourant les violences sexuelles. Le deuxième atelier était divisé en deux; d'une part les définitions juridiques ainsi que des cas jurisprudentiels d'agressions sexuelles seront présentés. S'ensuivrait une réflexion sur la difficulté d'avoir recours aux institutions et aux services des policiers/ères dans le cas de dénonciation et ce, surtout dans nos milieux hostiles à de tel service. L'atelier suivant visait à discuter en groupe du comportement à adopter pour être unE bonNE alliéE ainsi que de réfléchir à quoi faire par rapport aux agresseurs. La journée s'est terminée par une discussion en non-mixité sur nos objectifs et les moyens qu'on aimerait mettre en place pour améliorer la situation, voire enrayer les cas d'agressions sexuelles dans nos milieux.

*** Veuillez noter que pour le présent rapport, parce que la majorité des victimes sont des femmes et par soucis de légèreté, le terme victime sera utilisé au féminin seulement. De même que le terme agresseurs sera utilisé au masculin. ***

*     *     *

Atelier # 1 : La violence sexuelle et le consentement
Donné par :
Geneviève Pagé, professeure au département de Science Politique à l'UQÀM
Claudia Bouchard, militante féministe

Introduction :

L'atelier vise à définir ce que sont les agressions sexuelles et le consentement tout en détruisant les mythes qui les entourent. Nous voulons comprendre comment ces mythes ont pris forme en amenant une analyse plutôt sociologique et politique de ces différentes situations. De plus, nous tenterons d'exposer certaines problématiques survenant lorsqu'il est question de savoir s'il y a eu ou non consentement de la part des victimes.

Définition :

Agression sexuelle :
• Acte de domination, humiliation, abus de pouvoir, violence, principalement commis envers des femmes et enfant.
• Imposer des attitudes, des paroles, des gestes à connotation sexuelle contre le consentement d’une personne en utilisant de l’intimidation, du chantage, de la domination, de la violence, etc.
• Inciter intimider, utiliser la force physique dans le but d’avoir des relaxions sexuelles ou de contraindre des individus à poser des gestes sexuels.
• Pour définir une agression, il y a toujours la notion de pouvoir, ainsi que la notion de consentement.

Exercice – Le v(i)ol de Mr. Smith :
Le texte que vous trouverez en annexe a été distribué aux participantEs. Les conférencières leur ont ensuite demandées d'identifier les mythes entourant les agressions sexuelles qui se retrouvaient dans le texte. Voici une liste exhaustive des mythes trouvés :

Mythes :
1. L’habillement peut provoquer une agression sexuelle (elle le cherche)
2. Une personne sexuellement active consent de facto toujours aux relations sexuelles, ainsi son réel consentement n’est plus de mise.
3. Une personne ayant déjà eu des relations sexuelles avec un individu ne peut plus refuser des relations sexuelles avec ce même individu, elle a déjà acceptée.
4. La conscience du risque de subir une agression sexuelle dans un contexte ou un endroit donné fait porter le fardeau de l’agression sur la victime. - Les femmes n’ont pas les mêmes droits sur l’espace que les hommes. - Dans le cadre patriarcale, si tu te trouves à un endroit à un moment où tu ne devrais pas y être, tu es responsable de ce qui t’arrive.
5. L’absence de combativité active lors de l’agression signifie que la personne n’était pas réellement contre, ou du moins ne l’a pas démontré.
6. Victimisation de l’agresseur.
7. La plupart des agressions sont commises par des étrangers.
8. La plupart des agressions se font dans des endroits publics (rues, ruelles, classe,bureau etc.).
9. La déviance sexuelle chez certains hommes explique leur agression.
10. Par défaut, c’est les femmes désirent l’agression sexuelle, sauf si elles disent clairement non.
11. Dénoncer, c’est facile et sans conséquence

-Les mythes entretenus dans la société détournent donc l’attention de problème réel des rapports de domination hommes/femmes. Ainsi, on finit par faire le procès de la victime, en remettant celle-ci et sa réputation en doute, au lieu de dénoncer l’agresseur.

Statistiques et faits:
Source : CALACS en majorité

80 % des agresseurs connaissent leurs victimes
• La relation et la dénonciation avec un étranger est plus simple : l’agresseur est un méchant, il n'y a pas d'attachement émotionnel.
• La relation et la dénonciation avec quelqu’un de connu rend le processus complexe : Il y a de l'attachement émotionnel, la peur de la réaction de l'entourage commun, etc.

60% des agressions se déroulent dans des endroits privés (intimes) connus de la victime
98% des agresseurs sont des hommes.
80% des victimes sont des femmes.
75% des jeunes femmes autochtones âgées de moins de 18 ans ont été victimes d’agression sexuelle. 40 % des femmes avec un handicap physique vivront une agression sexuelle au cours de leur vie.
20% des étudiantes ont dit avoir cédées à une relation sexuelle sous la pression du partenaire ou de l'entourage.

2% des accusations d’agression sexuelle sont des fausses accusations.
• Souvent le premier réflexe consister à se questionner sur la crédibilité des victimes. Cette réaction est le fruit de croyances patriarcales et des principes sociologiques.

3% des agresseurs ont un trouble mental malgré le fait que la majorité des agressions sexuelles sont exposées comme un acte de déviance.

Le consentement
Il est difficile de cerner concrètement qu'est-ce que le consentement. De savoir qu'est-ce qui veut dire « oui » et qu'est-ce qui veut dire « non » ou à quels moments la relation peut vraiment être consentie.
Voici quelques exemples de cette problématique :
• La pression sociale et patriarcale peut biaiser le consentement, accepter des relations sexuelles sous une pression ne provenant pas de l’individu avec qui on vit la relation mais de la pression sociale qui rend la relation sexuelle la norme dans certaines situations.
Par exemple, le soir de notre bal de graduation toutes les images de cette soirée – films, visions sociales, traditions, rumeurs – projettent l'idée que c'est le soir où tout le monde doit perdre sa virginité.
• Une notion de temporalité; « Quand est-ce suis-je rendue trop loin pour dire non ?», « Est-ce que je peux dire d'arrêter si on a déjà commencé? »
• Est-ce que la personne est apte à consentir ? (Alcool, drogue, fatigue, niveau de conscience)
• Est-ce libre et éclairé? Le consentement n’est plus lorsque la personne n’a pas toutes les informations concernant le partenaire (ex : ITSS).
• Inciter, manipuler, faire culpabiliser la personne qui ne consent pas jusqu’à ce qu’elle finisse par accepter la relation, ce n’est pas synonyme de consentement.
• Utilisation du consentement dans l’oppression de la femme. C'est le rôle de la femme que de satisfaire sexuellement les hommes. Que vaut le consentement d'une femme à qui on a dit qu'il fallait qu'elle assouvisse les désirs sexuels de son/sa partenaire.
• Du moment où un minuscule doute plane, que le consentement n'est pas clair à 100%, alors il n'y a pas de consentement.
• Ce n'est pas parce qu'une femme orgasme ou que sa sexualité biologique démontre une certaine appréciation (sécrétion lubrifiante, orgasme etc) qu'il y a automatiquement consentement.
• Le non-verbal est un signe assez claire qu’un individu ne consent pas. Refuser d'embrasser, être froidE, démontrer de l'impatience etc sont tous des signes qu'il n'y a pas de consentement.
Il n’est pas normal d’avoir à justifier notre refus .
• La réflexion peut être poussée à se demander si dans un contexte de pouvoir, est-ce que le consentement est possible?

La socialisation
• Les femmes sont socialisées au devoir de plaire aux autres. Il devient alors difficile de dire non par peur de déplaire à son interlocuteur/interlocutrice.
• Les femmes sont socialisées pour prendre soin des autres. Alors s'il y a du chantage émotif ou des menaces de ne « pas bien aller » si un refus surgit, la femme a plus de difficulté à dire non.
• Les relations sexuelles sont considérées comme une activité qui fait du bien à l’autre.
• Il existe une pression pour que des relations sexuelles soient engendrées dans le simple but de faire plaisir à l’autre au détriment de soi-même.
• Socialisation à fuir le conflit; il est plus facile de « se laisser faire » que d'expliquer et se chicaner parce qu'à un moment on n'a pas envie d'avoir de relation sexuelle.
• Socialisation des hommes à être fier : s'il se faire dire non, ça blesse son égo.
• Banalisation par l’homme et la femme des effets et des conséquences liées aux relations sexuelles non-désirées. Et lorsqu’il n’y a pas eu de violence physique claire, on banalise davantage.
• Socialisation selon laquelle l’homme désire toujours des relations sexuelles. Ainsi, une femme qui se fait dire non a plus de difficulté à le croire car elle voit l'homme comme toujours assoiffé de sexe.
• Pornographie qui démontre que pour exciter sa conjointe, l’homme doit être agressif et dominateur dans l’exercice de sa sexualité. Ce qui vient aussi banaliser la violence.
• Infantilisation de la femme; incitation à l’homme de mener la femme, de la guider, de la protéger, dans sa sexualité comme ailleurs.
• Intégrer les pulsions sexuelles masculines dans un cadre normatif; la société valorise l’impulsivité masculine, le besoin de se satisfaire et la violence sexuelle en découlant.
• Dans les rapports marchands, ou sur le marché du travail, de par le rôle souvent secondaire que joue la femme, (emploi de service), on perpétue la notion selon laquelle la femme est là pour répondre aux besoins des hommes.
• Jeu de pouvoir quant aux relations intimes.
• Socialisation selon laquelle il faut conquérir les (beaucoup de) femmes pour leur plaire et démontrer sa masculinité aux autres.

Pistes de solutions :
• Il est important d'établir des lieux où on peut dénoncer la violence sexuelle et ce dans un cadre sécuritaire qui nous rend à l'aise.
• Il est important de mettre en place des réseaux de soutien pour traiter de la dénonciation collective des agresseurs et SURTOUT pour soutenir les victimes.
• Il faut sensibiliser la population à la dénonciation en expliquant que c'est quelque chose de souhaitable et non en perpétuant le mythe autour duquel les agressions sexuelles c'est un tabou et c'est de l'ordre du privé.

Livre suggérée pour approfondir nos connaissances : « Non c’est non » de Irene Zellinger

 

*     *     *

 

Le viol de M. Smith – Anonyme Traduit par Geneviève Pagé

 

La loi discrimine les victimes de viol d’une manière qui ne serait pas tolérée pour les victimes de d’autres crimes. Dans l’extrait qui suit, une victime d’un vol à main armée se fait poser des questions similaires que celles habituellement posées aux victimes de viol.

« - Mr. Smith, vous avez été cambriolé sous la menace d’un fusil sur le coin de la rue Locus et de la 16e avenue?

  • Oui.
  • Vous êtes-vous débattu contre le voleur?
  • Non.
  • Pourquoi?
  • Il était armé.
  • Donc vous avez pris la décision consciente de satisfaire ses demandes plutôt que de résister?
  • Oui.
  • Avez-vous crié? Appeler à l’aide?
  • Non, j’avais peur.
  • Je vois. Vous êtes-vous déjà fait cambrioler auparavant?
  • Non.
  • Avez-vous déjà donné de l’argent?
  • Oui, bien sur…
  • Et vous l’avez donné volontairement?
  • Où voulez-vous en venir?
  • Regardons le sous cet angle, Mr Smith. Vous avez déjà donné de l’argent dans le passé - en fait vous avez une réputation d’être plutôt philanthrope. Comment pouvons-nous être certains que vous ne complotiez pas pour vous faire voler votre argent par la force?
  • Écoutez, si j’avais voulu…
  • Peu importe. À quelle heure a eu lieu le vol, Mr. Smith?
  • Autour de 23h00.
  • Vous étiez dehors, sur la rue à 23h00? Que faisiez-vous?
  • Je marchais.
  • Vous marchiez? Vous savez qu’il est dangereux de se promener si tard le soir sur la rue. Vous ne saviez pas que vous auriez pu être cambriolé?
  • Je n`y avais pas penser.
  • Que portiez-vous à ce moment, Mr. Smith?
  • Voyons. Un complet. Oui, un complet.
  • Un complet dispendieux?
  • Bien – oui.
  • En d’autres mots, Mr. Smith, vous vous promeniez sur la rue tard le soir dans un complet qui annonçait presque que vous seriez une bonne cible pour un peu d’argent facile, c’est bien ça? Je veux dire, faute de mieux, Mr. Smith, on pourrait même croire que vous l’avez cherché, non?
  • Bon, ne pourrait-on pas parler des antécédents de l’homme qui m’a fait ça ?
  • Je suis désolé, Mr. Smith. Je ne crois pas que l’on voudrait violer ses droits, non?»

 

Naturellement, cette ligne de pensée, cette série de question est ridicule - en plus d’être inadmissible dans n’importe quelle sorte de contre-interrogation - sauf si on parle des cas de viol. L’heure de l’attentat, l’historique des « dons» de ce qui a été volé, l’habillement : tout cela est retenu contre la victime. La position de notre société sur le viol, et ses manifestations dans les tribunaux, nous aide à comprendre pourquoi si peu de viols sont rapportés.

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